La semaine Charivari
Charivari 2026 ce sont 11 workshops animés par des artistes ou designers accueilli·es en résidence ou invité·es ou des enseignant·es, auxquels tous·tes les étudiant·es sont convié·es à participer.
Cette semaine de workshops se conclut traditionnellement par une présentation des travaux réalisés.
1/ « Faire mieux » Chorégraphie
avec Les gens d’Uterpan – Franck Apertet
Concentré sur notre rapport aux schémas culturels, aux cadres artistiques dans lesquels nous créons ainsi qu’à notre utilisation d’autrui, ce workshop envisage une refonte libre des systèmes qui conditionnent nos affects, nos actions et nos gestes. Nous tenterons ici l’expérimentation performative, temporaire et réjouissante, des conventions qui régissent nos relations et nos représentations.
Franck Apertet dirige les gens d’Uterpan depuis 1994. Il enseigne parallèlement au département Arts plastiques de l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis et développe le projet de recherche Awaiting Scores avec Clélia Barbut (université Paris 8) et Matthieu Saladin (université Paris 1 Panthéon – Sorbonne).
2/ « Écriture et performance : les mots, les corps, le politique »
avec Blandine Scelles
Blandine Scelles propose un travail sur la performance ayant comme objets les mots ou textes – pouvant se définir comme poétiques, le passage de la page à l’engagement du corps, de la voix, ce qu’on peut appeler des actions dans l’espace et la durée. Les médias comme l’amplification sonore ou la vidéoprojection pourront être explorés.
L’attention sera particulièrement portée sur les problématiques politiques que les choix des étudiant·es soulèveront. Quels sujets politiques l’étudiant·e souhaite aborder ? Comment, avec nos objets, les traiter ?
3/ « Fictions Frictions » Design expérimentations
avec Anaïs Borie
Partons de l’hypothèse d’Ursula K. Le Guin, formulée dans son essai « La théorie du sac de transport », selon elle le premier outil de l’humanité aurait pu être un contenant, un sac ou un panier. Un tel renversement bouleverserait notre imaginaire. « Before the tool that forces energy outward, we made the tool that brings energy home. »
Dans ce workshop, nous nous poserons la question : Et si le panier avait été le premier outil ? Qu’est-ce que cela changerait dans nos habitudes, nos objets, nos manières de vivre ensemble ?
Pour Ursula K. Le Guin, penser la fiction comme un panier, c’est la concevoir comme un réceptacle qui accueille l’hétérogène et privilégie les relations. Pendant le workshop notre récit se construira en chorale, en réseau et par fragments.
4/ »Bon prix pour mauvais comportement » Ré-emploi
avec Georges J. Ayrault
Recycler ou réutiliser un mot, c’est réorienter notre relation à une scène qui occupe une place, un souvenir, un contenant, aussi percé soit-il.
Accompagné de la pensée théorique de Sara Ahmed sur les usages et le vandalisme queer, ainsi que des réflexions de Valentina Tanni sur la viralité des contenus et les pratiques artistiques en ligne, ce workshop explorera la question du détournement dans la production d’œuvres.
Il accompagnera les étudiant·es à se saisir d’un objet de consommation, d’une trend ou d’un répertoire de gestes, à partir duquel produire une nouvelle série de pièces. Le travail se fera en aller-retour entre la pratique individuelle et l’expérience de l’accrochage collectif.
Ce temps aura à cœur d’apprendre à sourcer et à situer des pratiques, mais aussi de penser le détournement comme une stratégie pour déjouer les récits normatifs.
5/ « Photographier le silence »
avec Nicolas Louis
Nicolas Louis propose un workshop autour du détournement de la chambre photographique 4×5, associée à un dos numérique 24×36.
Nous explorerons ensemble les mouvements de bascule, de décentrement et le tirage de soufflet pour comprendre comment chaque geste technique devient un choix plastique.
Portrait à plan de netteté sélectif, macroscopie des matières, sténopé sans objectif, paysage et architecture : vous expérimenterez, comparerez immédiatement les résultats et affinerez votre intention visuelle. La chambre photographique n’est plus seulement un outil : elle devient un instrument pour décider de ce que l’image montre, cache ou transfigure.
6/ « Piratages 3D »
avec Serge Payen, Arnaud Borde et Corentin Ferbus
Ce workshop propose d’explorer les possibilités d’outils de création 3D et de fabrication numérique pour détourner, augmenter, transformer, perturber – en un mot « pirater » – un volume existant : objet industriel, artisanal ou bricolé, fragment d’architecture, œuvre déjà réalisée, élément trouvé dans la nature ou l’espace public, etc.
Ces transformations peuvent reposer aussi bien sur un regard de designer que d’artiste (par exemple modifier la fonction ou la signification de l’objet choisi), et seront l’occasion d’essayer diverses techniques : scanning 3D, modélisation, rendus images, impression 3D plastique et céramique.
7/ « A translation from one language to another »
avec Léna Brudieux
Ce workshop propose d’explorer la traduction comme passage d’un langage à un autre. Le point de départ sera la première scène du film Sentimental Value de Joachim Trier, dont l’histoire est écrite du point de vue d’une maison. En faisant de l’architecture un personnage à part entière, le début du film ouvre de nouvelles possibilités narratives. Dans ce workshop, l’écriture constitue un passage de cette recherche. Notamment par le choix d’un titre, d’une phrase, d’un texte ou d’une image qui a particulièrement résonné en vous et que vous transposerez vers une autre forme d’expression : sculpturale, sonore, vidéo, performative – librement choisie.
Le workshop invite à interroger la construction d’une tonalité artistique : comment se dessine une pratique singulière, à travers des associations, des récurrences, des sensibilités ou des rapprochements inattendus ? Il ne s’agit pas nécessairement de rechercher une cohérence immédiate, mais d’expérimenter des potentiels relationnels et d’observer ce qui se révèle au contact de formes apparemment éloignées.
8/ « La Tulipière »
avec Studio Engpiplard
Ce workshop s’inscrit dans une recherche autour des objets d’autrefois, oubliés ou encore présents dans nos usages contemporains. Il propose de s’intéresser à la tulipière, une pièce singulière à la croisée de l’utilitaire, de la sculpture et de l’ornement, dont la silhouette organise autant la présence du végétal que sa mise en scène.
L’étude de cet objet, nourrie par la collecte d’archives et l’observation de ses formes historiques, permettra d’interroger les relations qu’il construit entre contenant et contenu, structure et composition, objet et vivant. Ses qualités matérielles deviendront alors des terrains d’expérimentations : transformées, déplacées ou amplifiées, il s’agira de penser de nouvelles perspectives d’usage et de renouveler les manières d’articuler l’objet au végétal. Ces variations permettront d’explorer le potentiel de la tulipière au-delà de sa fonction initiale. Le choix libre des matériaux et des techniques permettra d’ouvrir cette recherche à différentes approches de la forme et de la fabrication.
9/ « Fours alternatifs au charbon »
avec Simon Barraud de Lagerie
L’objectif de ce workshop est de combiner la cuisson du four à bois avec l’expérimentation simultanée dans des micros-fours à charbon (assemblés avec quelques briques, du charbon et des sèche-cheveux).
Il s’agira de pousser des matières comme les métaux, les roches ou le verre jusqu’à leurs limites, pour apprendre à les utiliser et jouer avec leurs fusions.
10/ « Refuge : un espace de repos sensoriel »
avec Antoinette Parrau
Inspiré du Pop Up Care de l’Hôtel Pasteur et de La bulle de l’EESAB, site de Rennes, le workshop invite les étudiants de la 1ère à la 5e année, en art comme en design, à créer un espace refuge à l’Ensad Limoges. Ce sera un lieu ouvert aux étudiant·es et attentif à la neurodiversité (TDAH, TSA, anxiété). Un lieu pour souffler, se retirer, se ressourcer.
Enquête, inventaire, dessins, travail d’équipe : les étudiant·es rêveront, dessineront et réaliseront ce refuge, du sol au plafond.
11/ « Texture, surface » Porcelaine
avec Barbara Schmidt, Anne Xiradakis, Jean Savard
Workshop franco-allemand avec les étudiant·es de la weißensee kunsthochschule Berlin.
Après une rencontre avec George Acurio de chez « Texture » qui nous parlera des textures alimentaires et une visite au musée national Adrien Dubouché où nous observerons toutes les surfaces et leurs particularités, nous expérimenterons à l’atelier sur la base de nos observations, différentes manières d’explorer ces textures et surface en porcelaine.