Les peintres dauphins, une exposition de l’ARC et du studio peinture
Cette exposition est une restitution de l’ARC (Atelier de Recherche et de Création) et du studio Les peintres dauphins : la pensée par la forme encadrés par Yves Chaudouët, Alain Doret et Ken Peat, artistes, enseignants à l’École.
- vernissage mercredi 1er avril à 18:00
Ce travail de recherche consiste à définir ce que peut être une pensée par la forme, comme l’a théorisée Hernest Hans Gombrich, où comment les peintres, dans l’histoire de l’art jusqu’à aujourd’hui, ont mis cette pensée au service de la forme. Le peintre, selon Gilles Deleuze, greffe un code entièrement pictural sur la matière picturale. Exactement comme le langage des dauphins qui ont dû coder leur langage analogique. Ils sont peintres à cause de cela, ce sont des peintres-dauphins.
Une exposition des étudiant·es : Emma Anselmetti-Laffont, Éva Bernard, Noémie Blanc, Agathe Cross-Lipp, Méline Fonteny, Sarah Ford, Qiu Lin, Bofei Ma, Berlioze Madamet, Jieun Moon, Mathia Moran, Rosine Mouque, Liz Le Queau, Léana Rocq, Chloé Seguin, Marguerite Samele, Jingshuang Yu.
« Pouvons-nous épier le processus qui donne naissance à une véritable œuvre d’art ? … Pour reconstruire ce mystérieux processus, je compte me servir d’une méthode qui peut paraître à première vue, assez peu sympathique : la méthode de la criminologie, à laquelle une expérience de plusieurs siècles a permis d’élaborer progressivement une technique précise… S’agissant de notre investigation, le cas idéal serait que le créateur en personne nous explique le secret de sa création, qu’il nous décrive tout le processus de sa naissance, qu’il nous initie à sa technique, et nous fasse comprendre ces processus incompréhensibles… il se trouve que les créateurs, écrivains, musiciens, ou peintres, se comportent exactement comme des criminels endurcis et ne donnent jamais la moindre précision sur ce moment le plus intime de leur création… Pour reprendre l’exemple tiré de la criminologie, le type le plus proche de l’artiste est le criminel, disons l’assassin qui, ayant agi dans un transport passionnel, est absolument sincère quand il déclare ensuite au juge et au procureur : « je ne sais pas pourquoi j’ai fait cela, je ne sais plus comment je l’ai fait. J’étais submergé, je n’avais pas tous mes esprits. »
Stephan Zweig, Le mystère de la création, traduit de l’allemand par Dominique Tassel, Édition Pagine d’Arte, 2021, P.14 à 19. La conférence de Stefan Zweig, Le mystère de la création artistique, a été lue par son auteur en 1939 à New York.